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 Une image de la perfection.

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Adanedhel
Gobelin conquérant
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MessageSujet: Une image de la perfection.   Jeu 25 Juin - 16:01

Avant-propos : Histoire de remplir notre bibliothèque, et de frimer devant les filles pour ma part, voilà un texte qui était destiné à un concours des Famakna Food pour la Saint Ballotin. Il était auparavant dans la bibliothèque d'Initium, je vous le refais découvrir, moi je m'en lasse pas. Bonne lecture.



Ce soir-là, il régnait une ambiance festive à la taverne d’Astrub. Tout les pochards du coin semblaient s’être donné rendez-vous et s’échangeaient leurs aventures entre deux bières. L’ambiance devenait plus lourde d’alcool, les conversations dérivèrent, les ivrognes se mirent à parler de leurs dernières conquêtes féminines. L’un deux racontait, entre deux rots tonitruants, sa dernière conquête : une disciple de Féca épousée pour son argent. Tandis qu’il racontait son odieux mariage, on entendit une voix calme et posée déclarer :
« Vous n’êtes tous que des imbéciles. »
Plusieurs vingtaines de pupilles dilatées, et d’haleines douteuses se tournèrent vers l’aventurier qui avait prononcé ses mots. C’était un Ecaflip noir assis au comptoir qui sirotait sa bière.
« Pas un seul d’entre vous ne mérite mon intérêt. Vous parlez de mariage comme si c’était un simple échange d’argent. Or c’est bien plus que cela. Pas un seul d’entre vous ne connaît la vraie valeur de l’amour. »
Les poivrots cherchaient manifestement à comprendre le sens de ces paroles, en particulier le sens du mot amour.
« Au lieu de donner des leçons, t’as qu’à prouver ce que tu prétends. » lance une voix.
L’Ecaflip se tourna vers son auditoire improvisé, il paraissait empreint d’une immense lassitude.
« Pourquoi devrais-je faire cela ? Vous êtes des gens détestables ainsi rempli de bière. Demain vous ne vous souviendrez plus de ce que j’ai dit…Et puis pourquoi pas après tout ? Même si c’est comme apprendre la couture à un Bouftou, je veux bien essayer de vous enseigner un peu de beauté. Alors posez vos bières et écoutez mon récit sans m’interrompre.

Ce jour-là les rues d’Astrub étaient bondées. Tous les aventuriers du monde semblaient s’être donné rendez-vous en cette journée. Un brouhaha monstrueux régnaient autour du Zaap. Chacun tentait de vendre tel ou tel chose, en criant tant qu’il pouvait. La foule était compacte, et les pious tentaient en vain de se faufiler entre les bottes. La circulation se ralentissait à tel point que le chemin jusqu’à la banque semblait impossible. Pourtant quelqu'un sorti du Zaap, bondis à travers le mur d’aventuriers qui s’était formé, bousculant sans précaution malgré les protestations, sautant parfois par-dessus des disciples de Xélor en pleine discussion, continuait sa course sans ralentir une seconde. Il passa à toute vitesse devant l’hôtel des alchimistes, bousculant les aventuriers devant l’hôtel des ressources, provocant les interruptions dans les discours des vendeurs, ne se préoccupant nullement des protestations, filant à toute allure, traversant la porte Sud d’Astrub. Le disciple d’Ecaflip acheva sa course dans un nuage de poussière, comme brusquement tétanisé. Malgré sa course effrénée, il était arrivé trop tard, et une terrible vision l’attendait : celle d’une jeune Ecaflip, baignant dans son sang. Il s’accroupit auprès d’elle, une larme brillait sur son visage, n’osant la toucher. Elle était allongée devant lui, des spasmes de souffrance la parcourait, pourtant la douleur ne parvenait pas à altérer sa beauté. Les contours de son corps commençaient à s’estomper, elle commença lentement à disparaître, elle jeta un dernier regard plein d’amour sur l’Ecaflip penché sur elle, puis elle s’éteignit. Il resta prostré longtemps devant le flaque de sang, ultime trace de celle qui fut son unique amour. Puis ce fut la colère, une soif de vengeance inexpugnable l’envahit, il voulait le coupable de ce monstrueux meurtre et rien ne pourrait l’arrêter. Se relevant, il regarda au loin, tentant d’oublier sa peine par la vengeance, il se mit en chasse. Les branches lui fouettaient le visage, pourtant il n’en avait cure, il se concentra sur les traces laissées par sa proie. L’Ecaflip traqua le meurtrier pendant cinq jours à travers toute la Terra Amakna. A l’aube du sixième jour, la piste le mena à une clairière dans le bois de Litneg. Il était là, lui le meurtrier, se prélassant dans l’herbe tendre, sans se préoccuper de l’horreur qu’il avait commis. La colère envahit l’Ecaflip, plus forte que jamais, multipliant ses forces. Le combat fut terrible, malgré la formidable puissance de l’assassin, la rage du chat l’aida à terrasser son adversaire. On ne retrouva jamais le corps du meurtrier, seul sa tête fut retrouvé, empalé au bout d’un pique. Mais le destin douloureux du disciple d’Ecaflip ne s’arrêta pas là. Sa colère était assouvie, pourtant la douleur lancinante de sa peine persistait. Rien ne lui rendrait l’amour qu’il avait perdu et il le savait. Son errance le mena dans les profondeurs des landes de Sidimote. Il croisa le chemin de Brumen Tinctorias, l’Eniripsa maudit, qui lui proposa une chance. Brumen lui expliqua qu’il détenait une potion, capable de simuler la mort et ainsi accéder pendant deux heures au monde des morts. La peine de l’Ecaflip lui fit oublier toute prudence, la possibilité de revoir son aimée le poussa à accepter le remède maudit. Et la nuit même il absorba le poison salvateur et jura qu’il ramènerait celle qu’il aime quelque soit le prix. Les ténèbres l’entourèrent et il fut emporté hors de la pensée et du temps. Il s’égara dans le firmament, pour finalement atteindre le monde brumeux des morts. L’Ecaflip se trouvait parmi les nuages, dans un espace qui semblait infini. Il ne semblait pas y avoir de sol pourtant il ne tombait pas.
« Etrange comme sensation, non ? »
Devant lui se trouvait un grand chat blanc, une lueur maligne se dansait dans ses yeux.
« Ca fait toujours bizarre la première fois. Dit-moi, ce pas très polie de se présenter ainsi devant ton dieu, en prenant une boisson interdite de plus. »
Le disciple comprit alors et se prosterna devant le dieu.
« Pardonne moi, Ecaflip, je suis venu chercher mon amour lâchement assassiné. »
« Oui je sais. Tragique cette histoire. Surtout une si jolie disciple. Serais-tu prêt à tout pour elle ? »
« A tout mon Seigneur. »
« Même à défier ton dieu ? »
« Ne me tenter pas Seigneur. »
« Tu es courageux… ou alors complètement fou. Bien je m’ennuie ici et les autres dieux ne sont pas vraiment distrayants. Je te propose un marché : faisons une partie de carte, si tu gagnes, tu aura le droit d’emporter ton amie, sinon… »
« Bien, je n’ai pas le choix, je… »
Le disciple d’Ecaflip s’interrompit. Son dieu venait de faire apparaître une table, et commençait à battre les cartes.
« Et bien prend place, je m’impatiente. »
Alors il prit place et le jeu commença. Il fesait face à son propre dieu, il avait peu de chances et il le savait. Mais il était porté par son amour, et tout était encore possible. Les adversaires rivalisèrent d’adresse.. L’Ecaflip marchait dans l’ombre du dieu, tentant de le contrer tant bien que mal. Le dieu Ecaflip prenait beaucoup de plaisir et s’amusait beaucoup, il était sûr de lui. Avec une lueur de triomphe dans les yeux, il abattit son jeu, quatre as.
« Alors l’amoureux, tu as perdu on dirait ? »
Le dieu contenait à peine sa joie devant la tête déconfite de son disciple. L’air de l’Ecaflip changea alors du tout au tout, il arbora un sourire propre aux chats qui s’apprêtent à bondir sur une proie. Alors pour la première fois, le dieu Ecaflip douta. Le disciple abattit son jeu, une quinte floche.
« Apparemment c’est plutôt moi qui gagne. »
Le dieu contempla avec un air ahuri les cartes alignées.
« Très bien, tu as gagné, emporte dont ta disciple, mais fait bien attention, ta fortune pourrait tourner. »
Lorsque le dieu eut disparu, l’Ecaflip se leva plein d’espoir et de joie, cherchant son amour perdu. Tandis qu’il l’appelait, une petite voix faible l’appela par son nom. Il marcha à grandes enjambés et soudain il la vit. Elle était là, elle l’attendait, son cœur se gonfla d’amour tandis qu’il courrait vers elle. Mais l’Ecaflip s’arrêta brusquement, quelque chose n’allait pas : son aimée affichait un sourire narquois. Il recula tandis que l’apparition se transformait lentement en un dieu ricanant. Le dieu Ecaflip lui faisait face à présent.
« Ton poison ne fera bientôt plus effet, il est trop tard maintenant. »
Le rire du dieu résonnait tandis que le disciple courrait en tout sens cherchant son aimée.
« Il ne faut jamais tenter un dieu. Tu as joué et tu as perdu. »
L’odieux écho de son rire envahissait l’espace, l’Ecaflip commençait à paniquer car il se sentait attirer vers le bas. Soudain une douce voix l’appela par son nom, brisant l’écho de la voix du dieu. L’Ecaflip se retourna et alors il la vit, la lumière perça les nuages. Elle était là, elle le contemplait, ses magnifiques yeux brillaient d’amour, elle-même entouré d’une aura qui la rendait plus belle encore. Elle était une image de la perfection. L’Ecaflip voulu lui parler, lui dire combien il l’aimait, mais le poison le ramenait à la vie. Sa vision devint flou, on l’emporta loin d’elle, l’odieux rire du dieu l’accompagnant dans sa chute.
« Tu as joué et tu as perdu. »
Une profonde douleur le réveilla, l’air emplit douloureusement ses poumons. Il chercha d’un air hagard son amour, mais elle n’était plus là. L’Ecaflip resta longuement prostré, pleurant celle qu’il ne reverrait plus, la voix ironique du dieu résonnait dans sa tête.
« Tu as joué et tu as perdu. »

Un lourd silence pesait dans la taverne tandis que l’Ecaflip noir murmurait encore les mots du dieu.
« Tu as joué et tu as perdu. »
Les mots s’étranglaient dans sa gorge et chacun réalisait que l’Ecaflip de son récit n’était autre que lui-même. Les poivrots malgré leurs bières se taisaient, respectant le chagrin de l’Ecaflip, bien que sans en comprendre l’ampleur. Il se leva, et sorti précipitamment, visiblement éprouvé par son récit. La fête à l’intérieur de la taverne repris son cours, les braillements résonnaient à nouveau, les aventuriers commençaient déjà à oublier la tragique histoire qu’ils venaient d’entendre. La nuit était clair et calme, si quelqu’un était venu à passer dans la rue, il aurait pu voir un disciple d’Ecaflip assis sur un muret solitaire, qui regardait avec un air triste et une larme à l’œil, une étoile dans le ciel.
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